© Mangoustine
Two Hundred Thousand Dirty

Two Hundred Thousand Dirty

de Timothy L. Anderson

  • Two Hundred Thousand Dirty
  • États-Unis2013
  • Réalisation : Timothy L. Anderson
  • Scénario : Timothy L. Anderson
  • Image : Cameron White
  • Son : Craig Kyllonen
  • Montage : Timothy L. Anderson
  • Musique : Tyler McKusick, Chad Felix
  • Producteur(s) : Timothy L. Anderson
  • Production : Loop Di Loop Productions
  • Interprétation : Mark Greenfield (Rob), Coolio (Manny), Rocio Verdejo (Isabelle), C. Clayton Blackwell (Martin), Kenneth McGregor (Preston)...
  • Distributeur : Mangoustine
  • Date de sortie : 16 juillet 2014
  • Durée : 1h29

Two Hundred Thousand Dirty

de Timothy L. Anderson

Loser's paradise


Loser's paradise

Mal­gré une ouver­ture assez bien mise en scène, qui sem­ble astu­cieuse en tout cas, et qui con­damne comme un couperet ses per­son­nages à la lose à laque­lle ils fer­ont face tout au long du film, Two Hun­dred Thou­sand Dirty tombe très vite dans le piège du manque d’inventivité. Des idées pour­tant le réal­isa­teur, scé­nar­iste, mon­teur et pro­duc­teur de ce petit bud­get n’en manque con­crète­ment pas ; mais il les loge toutes dans son intrigue. Fait de rebondisse­ments qui reposent tou­jours sur la malchance des pro­tag­o­nistes, le scé­nario polici­er voit trois losers embauchés par une belle Argen­tine pour le meurtre de son mari, une part de son assur­ance-vie étant promise à la clé. On ne saurait car­ac­téris­er les per­son­nages autrement, tant ils sont le pro­to­type même, cha­cun à sa façon, de cette com­po­si­tion : le roman­tique esseulé mais soli­taire, l’idiot du vil­lage à per­ruque, ahuri, l’ex-star sur le retour qui essaie de dépous­siér­er son flow à l’écran.

I take a look at my life…

Don­nez à tout cela deux, trois décors pau­vres et tristes (le mag­a­sin de mate­las où ils tra­vail­lent, le motel où ils dor­ment…) et des plans fix­es dans lesquels les acteurs, sta­tiques, débitent leurs répliques l’un après l’autre avec moins de con­vic­tion, encore, que devant la caméra d’une sit­com. Les acteurs ne se regar­dent pas – rien ne cir­cule. Noyé sous le bon déroule­ment du scé­nario (basé sur un enchaîne­ment de coïn­ci­dences entre per­son­nages qui ont la poisse le réc­it, jusqu’au dernier moment, ménage ses ten­sions, moments amu­sants et rebondisse­ments prenants), le jeu sem­ble pris avec une indif­férence qui empêche toute incar­na­tion.

And realize there’s nothing left

Plus dom­mage encore, Tim­o­thy L. Ander­son rap­pelle com­bi­en il se pose dans l’héritage taran­ti­nesque de la fic­tion pulp. Avec de per­pétuels décalages entre la ten­sion poli­cière et le ton, cynique et blasé, des per­son­nages (par exem­ple une scène de meurtre au cours de laque­lle, sur un morceau clas­sique, Rob et Man­ny ne cessent de tchatch­er – car c’est avant tout une mise en avant du bon mot et du bagout qu’accomplit le film), ou de pures et sim­ples repris­es (réécri­t­ure et réin­ter­pré­ta­tion d’une scène du Fugi­tif par les pro­tag­o­nistes, attablés autour d’un café, tout en dis­cu­tant de leurs magouilles et meurtre à venir), Two Hun­dred Thou­sand Dirty ne fait que mon­tr­er l’élève appliqué qu’il est. Et si on pas­sait à autre chose ?

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