Dragons 2

Dragons 2

de Dean DeBlois

  • Dragons 2
  • (How to Train Your Dragon 2)
  • États-Unis2014
  • Réalisation : Dean DeBlois
  • Scénario : Dean DeBlois, Tom Owens
  • d'après : la série des livres
  • de : Cressida Cowell
  • Décors : Pierre-Olivier Vincent
  • Montage : John K. Carr
  • Musique : John Powell, Paul Mounsey
  • Producteur(s) : Bonnie Arnold
  • Production : DreamWorks Animation
  • Interprétation : Jay Baruchel/Donald Reignoux (Hiccup/Harold), Cate Blanchett (Valka), Gerard Butler/Emmanuel Jacomy (Stoick), Craig Ferguson/Julien Kramer (Gobber/Gueulfor), America Ferrera/Florine Orphelin (Astrid), Jonah Hill/Charles Pestel (Snotlout/Rustik), Christopher Mintz-Plasse/Nathanel Alimi (Fishlegs/Varek), T.J. Miller (Tuffnut/Kranedur), Kristen Wiig (Ruffnut/Kognedur), Djimon Hounsou (Drago), Kit Harington (Eret)...
  • Direction artistique : Zhaoping Wei
  • Distributeur : Twentieth Century Fox France
  • Date de sortie : 2 juillet 2014
  • Durée : 1h42

Dragons 2

de Dean DeBlois

Keep Flying


Keep Flying

Drag­ons, pre­mier du nom, est le Dream­Works qui a défié le reste de la fil­mo­gra­phie du stu­dio, le pre­mier à s’é­carter des sen­tiers bat­tus lourds, autant thé­ma­tique­ment que graphique­ment, de la boîte-à-Shrek. Depuis, les pas de Dream­Works se sont allégés – incidem­ment, cela inter­vient alors que Pixar com­mence à per­dre de sa superbe, avec John Las­seter et Brad Bird qui sem­blent avoir d’autres chats à fou­et­ter. Le temps de Dream­Works serait-il venu ? Mega­mind, Mada­gas­car 3, Les Cinq Légen­des, Tur­bo, M. Peabody et Sher­man restent dans le giron pataud du stu­dio, mais Kung Fu Pan­da 2, Les Croods, Le Chat pot­té intriguent. Drag­ons 2 arriverait-il donc, mem­bre de la lignée Dream­Works la plus pres­tigieuse, pour asseoir le renou­veau du stu­dio ?

Dragonman

Drag­ons 2 reprend donc là où le pre­mier épisode s’ar­rê­tait : avec la sym­biose entre les habi­tants du vil­lage viking, après des décen­nies de guerre entre les deux espèces. Hic­cup a mis fin au con­flit, avec l’aide de son drag­on Tooth­less. À eux le vaste monde, main­tenant que le vol per­met toutes les explo­rations. Mais, à s’aven­tur­er de plus en plus loin, Hic­cup va faire plus d’une ren­con­tre – cer­taines, des plus inquié­tantes. Alors que le pre­mier épisode, typ­ique réc­it de réal­i­sa­tion ado­les­cente, évolu­ait sur des rails bien con­nus, cette nou­velle mou­ture prend le risque de faire évoluer la trame par elle-même. Cer­taines ficelles sont atten­dues : ain­si, avec un grand pou­voir – celui de la sym­biose avec le plus for­mi­da­ble drag­on exis­tant (à ce jour…) – Hic­cup hérite de grandes respon­s­abil­ités. L’air est con­nu. Le per­son­nage de Hic­cup, pour­tant, con­stitue le morceau de choix du film : fine­ment écrit, il out­repasse rapi­de­ment le cadre du film pour dévelop­per une véri­ta­ble per­son­nal­ité, crédi­ble, réfléchie et ambiguë. On ne peut pas en dire autant de tous les per­son­nages – Dra­go Blud­vist, tyran gri­maçant et sans pro­fondeur, con­sti­tu­ant le gros point faible de l’écri­t­ure. Peut-être le per­son­nage du jeune homme doit-il beau­coup aux livres pour enfants de Cres­si­da Cow­ell, dont le pre­mier film était très libre­ment inspiré – en tout cas, Blud­vist, créé pour l’écran, sem­ble uni­forme et lisse, vidant le film de beau­coup de ses enjeux. Reste, cepen­dant, l’u­nivers visuel.

Le monde ouvert

Drag­ons pre­mier du nom reste un des très rares films en 3D où cette forme soit légitime, voire, où elle soit authen­tique­ment jouis­sive. Le dynamisme for­mi­da­ble des scènes de vol a occulté, avec le temps, une autre car­ac­téris­tique du pre­mier épisode : la finesse remar­quable de design des per­son­nages, à la fois très styl­isés et incroy­able­ment expres­sifs. Cette qual­ité demeure dans le deux­ième épisode – à laque­lle vient s’a­jouter un tra­vail épous­tou­flant sur le design des décors, amples et somptueux. En cela, Drag­ons 2 fait paraître son prédécesseur étriqué presque moins abouti. Ce que le film gagne en per­fec­tion graphique, il le perd man­i­feste­ment en sincérité, avec un scé­nario qui paraît de prime abord con­venu, sans beau­coup d’en­jeu, ni de panache. La voie par­cou­rue par Hic­cup dans son désir de s’ap­pro­prier le monde est donc celle d’un héros sans vrai­ment de Némé­sis – si ce n’est que les véri­ta­bles épreuves qui atten­dent le jeune homme sont bien plus touchantes qu’un tri­om­phe sim­pliste sur un antag­o­niste. Appren­dre à décou­vrir l’autre, à par­don­ner aux siens, à accepter le pas­sage du temps : voilà la véri­ta­ble quête du héros. Le méchant de ser­vice sem­ble embar­rass­er tout le monde – mieux vau­dra l’ou­bli­er bien vite et se laiss­er porter.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !

Dragons 3 : Le Monde caché
Dragons 3 : Le Monde caché
Les Pingouins de Madagascar
Les Pingouins de Madagascar
Le Chat potté
Le Chat potté
Kung Fu Panda 2
Kung Fu Panda 2
Megamind
Megamind
Shrek 4, il était une fin
Shrek 4, il était une fin
Monstres contre Aliens
Monstres contre Aliens
Madagascar 2
Madagascar 2
Kung Fu Panda
Kung Fu Panda
Shrek le Troisième
Shrek le Troisième
Nos voisins les hommes
Nos voisins les hommes