Aaron Eckhart dans le rôle-titre
I, Frankenstein

I, Frankenstein

de Stuart Beattie

  • I, Frankenstein
  • États-Unis, Australie2014
  • Réalisation : Stuart Beattie
  • Scénario : Kevin Grevioux, Stuart Beattie
  • d'après : le comic book I, Frankenstein
  • de : Kevin Grevioux, éd. Darkstorm Studios
  • Image : Ross Emery
  • Décors : Michelle McGahey
  • Costumes : Cappi Ireland
  • Montage : Marcus D'Arcy
  • Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek
  • Producteur(s) : Andrew Mason, Tom Rosenberg, Richard S. Wright, Sidney Kimmel, Gary Lucchesi
  • Production : Lakeshore Entertainment, Hopscotch Features, Lionsgate, Sidney Kimmel Entertainment
  • Interprétation : Aaron Eckhart (Adam-la chose-Frankenstein), Miranda Otto (la reine des gargouilles), Bill Nighy (le prince démon), Yvonne Strahovski (Terra), Jai Courtney (Gideon), Aden Young (Dr Frankenstein), Caitlin Stasey (Keziah), Kevin Grevioux (Dekar)...
  • Distributeur : Metropolitan FilmExport
  • Date de sortie : 29 janvier 2014
  • Durée : 1h33

I, Frankenstein

de Stuart Beattie

Le syndrome de la chouette mécanique


Le syndrome de la chouette mécanique

On le notait déjà dans ces pages : l’in­dus­trie du remake, du recy­clage, de la resucée, de la réac­tu­al­i­sa­tion bat son plein, le plus sou­vent ani­mée d’un mépris déguisé pour le matéri­au d’o­rig­ine. Par­fois, c’est plus fla­grant. Ain­si, lorsque Sam Wor­thing­ton envoie paître la chou­ette mécanique du Choc des Titans, c’est un cam­ou­flet direct infligé à son œuvre matricielle – sans pour autant que le film puisse pré­ten­dre détrôn­er celle-ci. Ô, joie sans mélange, I, Franken­stein s’avère faire égale­ment par­tie de la pitoy­able famille des petits navets icon­o­clastes et mesquins.

It’s dead

Alors, on pour­ra cer­taine­ment reprocher à l’au­teur de ces lignes son passéisme geignard. À rai­son, sans doute : il n’est cer­taine­ment plus dans l’air du temps de révér­er les mon­stres de l’U­ni­ver­sal, au pre­mier rang desquels se trou­vent la créa­ture de Franken­stein et sa sub­lime promise. Le scé­nar­iste Kevin Gre­vi­oux (égale­ment auteur du com­ic book) tend pour­tant une main pataude à ces vieux bar­bons pous­siéreux : ain­si voit-on appa­raître la chaise ser­vant d’en­trave à la créa­ture dans les films de James Whale, tan­dis qu’un per­son­nage lâche une série de « it’s alive » lour­de­ment insis­tante. Même les fan­tas­ti­cophiles les plus rigides se voient salués d’un signe de tête, avec un jeu sur la dénom­i­na­tion du protagoniste[ref]Alternativement « lui », « ça », « Franken­stein », « le mon­stre », voire un « Adam » qui con­stitue, une fois n’est pas cou­tume, un clin d’œil éru­dit au texte de Mary Shelley.[/ref], tra­di­tion­nelle pomme de dis­corde.

Under et Overworld

I, Franken­stein s’in­scrit dans une mytholo­gie chré­ti­enne pop, avec d’un côté les anges/gargouilles (mélange de fig­u­rants de 300 et de kitsch façon Cav­erne de la rose d’or) et de l’autre les démons (bien dans la tra­di­tion, masques caoutchou­teux com­pris). Au milieu : les mor­tels, dont on se moque tout de même un peu. Ain­si, nous dit-on que la guerre entre les démons et les gar­gouilles doit rester secrète : lorsqu’on voit les déchaîne­ments pyrotech­niques qui accom­pa­g­nent une con­fronta­tion, on peut tout de même s’in­ter­roger. Ce n’est ni la pre­mière, ni la plus grosse inco­hérence de script de cette resucée d’Under­world. Dans le rôle-titre, Aaron Eck­hart fait un curieux choix de car­rière, tan­dis que Miran­da Otto en fait des caiss­es sous les voiles cha­toy­ants de la reine des gar­gouilles, et que Bill Nighy fait un très accept­able et très cabotin prince démon. Heureuse­ment, d’ailleurs, que ce dernier est là pour don­ner un peu de sel à cet indi­geste mélange de rac­cour­cis scé­nar­is­tiques navrants, d’esthé­tique roco­co sur­chargée et d’én­erve­ment pétaradant faisant office de pro­gres­sion logique. Marchant ouverte­ment sur les plate­ban­des d’Under­world – avec la même propen­sion à mépris­er son matéri­au orig­i­nal –, I, Franken­stein manque des tics visuels et formels qui fai­saient office d’i­den­tité dans la saga de vam­pires new-age. Résul­tat : un vom­isse­ment col­oré inin­ter­rompu, imma­ture et stu­pide.

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