Arcadia

Arcadia

de Olivia Silver

  • Arcadia
  • États-Unis2012
  • Réalisation : Olivia Silver
  • Scénario : Olivia Silver
  • Image : Eric Lin
  • Décors : Adriana Serrano
  • Montage : Jennifer Lee
  • Musique : The Low Anthem
  • Producteur(s) : Julien Favre, Jai Stefan, Silenn Thomas
  • Interprétation : John Hawkes (Tom), Ryan Simpkins (Greta), Kendall Toole (Caroline), Ty Simpkins (Nat), Drew Koles (Evan)...
  • Distributeur : Mica Films
  • Date de sortie : 1 janvier 2014
  • Durée : 1h31

Arcadia

de Olivia Silver

Le paradis perdu


Le paradis perdu

Arca­dia, c’est le nom du pays per­du de la félic­ité pre­mière : un éden, un Âge d’or, un autre monde inscrit de tout temps dans la psy­ché mythologique humaine. A pri­ori, le siège d’une per­fec­tion com­mune à tous. Mais qui, de tous ses pro­tag­o­nistes, recherche donc cette per­fec­tion dans le pre­mier long métrage d’O­livia Sil­ver ?

La réal­isatrice place son film sous le signe du doute : ain­si peut-on dif­fi­cile­ment dater le film. Si la présence épisodique de télé­phones mobiles installe l’ac­tion dans notre époque, l’u­nivers d’Arca­dia est cir­con­scrit à des références moins mar­quées dans le temps. Vête­ments datés, références pou­vant cou­vrir une trentaine d’an­nées, émis­sions de télévi­sion sans âge… On ne sait, égale­ment, qui se trou­ve au cen­tre du réc­it.

Arca­dia adopte le point de vue de Gre­ta, une jeune fille de 11 ans, en révolte ouverte vis-à-vis de son père qui les emmène, elle, sa grande sœur et son petit frère, dans un périple vers l’autre bout des États-Unis. Der­rière eux, ils lais­sent une vie, des amis, une mai­son… et une mère « qui les rejoin­dra plus tard ». Quand ? Per­son­ne ne le sait, et Gre­ta moins que tout le monde, qui doute même que sa mère les rejoigne un jour : son père lui cache cer­taine­ment des choses… Olivia Sil­ver parvient, prin­ci­pale­ment grâce au mon­tage, à restituer avec finesse le mélange de sen­ti­ment de per­sé­cu­tion et d’in­jus­tice pro­pre à l’ado­les­cence. Douce­ment étouf­fante, cette plongée dans la détresse d’une jeune fille isolée per­met de faire pass­er les pon­cifs du road-movie ini­ti­a­tique, genre auquel Arca­dia appar­tient résol­u­ment.

Pour autant, Olivia Sil­ver ne racon­te rien de bien neuf, et ne le racon­te pas d’une façon inat­ten­due. Le tal­ent de la réal­isatrice, et la réus­site de son film, vient de sa capac­ité man­i­feste à diriger ses acteurs, à canalis­er à la fois les jeunes Ryan et Ty Simp­kins comme le fougueux John Hawkes – Kendall Toole faisant ici comme au sein de la famille fig­ure de sage grande sœur. Olivia Sil­ver dis­tille son réc­it de telle façon qu’on a le sen­ti­ment sat­is­faisant de la chose finie, sans que rien ne prenne vrai­ment fin.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !