Les Petits Canards de papier

Les Petits Canards de papier

de Yu Zheguang

  • Les Petits Canards de papier
  • Chine1960 / 1961 / 1980
  • Réalisation : Yu Zheguang
  • Le Petit Canard Yaya (1980, 11 min) - Sans dialogue. Scénario : Yu Zheguang. Mouvements : Lü Heng
    Les Petits Canards intelligents (1960, 8 min) - Sans dialogue. Personnages et décors : Yu Zheguang. Mouvements : You Lei
    Un gros chou (1961, 17 min) - Version française. Personnages et décors : Yu Zheguang. Mouvements : Zhou Manwei
  • Distributeur : KMBO
  • Date de sortie : 6 novembre 2013

Les Petits Canards de papier

de Yu Zheguang

Origami pour tout-petits


Origami pour tout-petits

Vingt ans sépar­ent les trois courts-métrages réal­isés par Yu Zheghuang dans le cadre des Stu­dios de Shang­hai entre 1960 et 1980 et rassem­blés en un pro­gramme unique sous le titre Les Petits Canards de papi­er par le dis­trib­u­teur KMBO. Mer­veille de raf­fine­ment et de per­fec­tion de la tech­nique d’animation en papiers découpés, cet ensem­ble est idéal pour les tout-petits.

Tout comme le Cana­da, l’U­nion sovié­tique ou l’I­ran, la Chine, bien con­sciente de l’impact idéologique que pou­vait avoir un ciné­ma à des­ti­na­tion du jeune pub­lic, s’est dotée de son stu­dio de ciné­ma d’animation qui, dans ses grandes heures au début des années 1960, employa près de qua­tre-cents per­son­nes. C’est dans le cadre de ces pres­tigieux stu­dios de Shang­hai que Yu Zheghuang se spé­cial­isa dans la tech­nique du papi­er plié et découpé, qu’il expéri­men­ta dans des ate­liers à des­ti­na­tion d’enfants, et qu’il put per­fec­tion­ner au sein du stu­dio, en se con­sacrant, une année durant (1960), à la réal­i­sa­tion des Petits Canards intel­li­gents.

His­toires d’aventures, ces con­tes très courts impres­sion­nent par leur qual­ité d’animation, tout comme par la sim­plic­ité de la tech­nique employée. Chaque réc­it met en scène de jeunes ani­maux qui vivent heureux dans la nature, où ils font l’expérience de la lib­erté, du dan­ger, et du courage. À peine sor­tis de l’œuf, les canards tous iden­tiques, sauf un (Le Petit Canard Yaya, 1980), bat­tent la cam­pagne, en rib­am­belle, sous l’œil bien­veil­lant d’un bon gros soleil rieur. La beauté des décors, les mou­ve­ments des per­son­nages, le réc­it lui même, sont très épurés. Surtout, ce qui frappe dans ces trois courts métrages, c’est la vir­tu­osité avec laque­lle Yu Zheghuang parvient à sug­gér­er des effets de matière à par­tir du seul papi­er. Les décors attirent autant l’attention que l’action, notam­ment dans le ren­du du miroite­ment de l’eau au pas­sage des cane­tons dans la mare. Mis en musique, Les Canards intel­li­gents et Le Petit Canard Yaya offrent un ravis­sant bal­let de papi­er col­oré qui joue sur la sim­plic­ité des effets de sur­prise pro­duits par les déplace­ments des per­son­nages dans le décor.

Plus long, plus nar­ratif que les deux autres courts, Un gros chou est aus­si le seul dia­logué. On pour­rait regret­ter que la balade chan­tée du lapin et du chat dans un champ de choux perde un peu en poésie pour se faire plus didac­tique et forcer davan­tage le mes­sage moral, mais ce serait vrai­ment chercher la petite bête à cette char­mante basse-cour.

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