Blood Ties

Blood Ties

de Guillaume Canet

  • Blood Ties
  • France, États-Unis2013
  • Réalisation : Guillaume Canet
  • Scénario : Guillaume Canet, James Gray
  • d'après : le livre Deux frères, un flic, un truand / le film Les Liens du sang
  • de : Michel Papet, Bruno Papet / Jacques Maillot (scénario : Jacques Maillot, Pierre Chosson, Éric Veniard)
  • Image : Christophe Offenstein
  • Décors : Ford Wheeler
  • Costumes : Michael Clancy
  • Montage : Hervé de Luze
  • Musique : Yodelice
  • Producteur(s) : Alain Attal, Guillaume Canet, Hugo Selignac, Christopher Woodrow, John Lesher
  • Interprétation : Clive Owen (Chris), Billy Crudup (Franck), Marion Cotillard (Monica), Mila Kunis (Natalie), Zoe Saldana (Vanessa), Matthias Schoenaerts (Scarfo), James Caan (Léon)...
  • Distributeur : Mars Distribution
  • Date de sortie : 30 octobre 2013
  • Durée : 2h07

Blood Ties

de Guillaume Canet

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In English please

Mal­gré un cast­ing cinq étoiles et un grand-maître à l’écri­t­ure, on n’at­tendait pas grand-chose du nou­veau Guil­laume Canet. Remake des Liens du sang de Jacques Mail­lot, son Blood Ties est une ten­ta­tive avouée d’ “améri­can­is­er” cette balourde tragédie famil­iale à la fron­tière du law et de l’out­law. Dans les faits, le film se con­cen­tre sur trois choses : faire polar, faire new-yorkais, faire sev­en­ties. Tout le New York du ciné­ma des années 1970 est donc là, recon­duit à l’i­den­tique, comme plaqué par décal­co­manie : métro­pole grisâtre, pieds nick­elés à rou­fla­que­ttes, Pon­ti­ac chromés, image gran­uleuse, BO ad hoc, dia­logues in Eng­lish. Le hic, c’est que sa besogne de copiste exé­cutée, cette mise en scène stricte­ment acces­soiriste ne sem­ble dis­pos­er ni des capac­ités ni de l’en­vie d’in­ve­stir le ter­ri­toire de sa fic­tion. Au fil mou et relâché de ce télé­film vin­tage, saute alors aux yeux le non-style absolu du réal­isa­teur, cette espèce de regard cour­tois, plat, stricte­ment cen­tripète, se sat­is­faisant tou­jours de ce qu’il a devant lui et ne cher­chant rien d’autre.

En vérité, c’est comme si ce ciné­ma s’empêchait toute con­science ou arrière-pen­sée. Volon­tariste et appliqué, Canet ne sait don­ner que le-meilleur-de-lui-même. Cha­cune de ses scènes s’of­fre dès lors sans ambiguïté, brique nar­ra­tive inter­change­able qui par­ticipe d’une con­struc­tion en mosaïque patiente mais fausse­ment ambitieuse, inca­pable surtout de com­penser son manque d’ori­en­ta­tion formelle majeure. Si l’on fait remar­quer cette carence en épais­seur, c’est parce que para­doxale­ment celle-ci sauve ce polar sous cel­lo­phane du désas­tre, évite à chaque instant qu’il se vautre dans la car­i­ca­ture et la sat­is­fac­tion crasse de cer­tains de ses prédécesseurs frenchies (au hasard : Flo­rent Emilio Siri et son piteux Otage).

Quoique insignifi­ant, le film n’est donc jamais vrai­ment insup­port­able. Sa fail­lite s’ex­plique surtout par le manque d’al­lant de son réc­it. Emmêlé dans ses gross­es ficelles, Blood Ties bande des mus­cles ramol­lis et s’ingénie à ten­dre un arc dra­ma­tique usé jusqu’à la corde. En fil­igrane de son mar­ket­ing de drame urbain, le film se réduit ain­si à un laborieux duel d’am­a­bil­ité cachée entre Bil­ly Crudup (the good) et Clive Owen (the bad), sorte de jeu de bar­bi­chette frater­nel où le pre­mier qui lais­sera tomber l’autre aura une tapette. Exé­cuté avec soin, tail­lé pour le suc­cès, l’ensem­ble dégage l’odeur sus­pecte d’un navet à qui tout a pour­tant été accordé pour réus­sir. À ce pro­pos, on n’est pas cer­tain de vouloir appro­fondir ce qui a con­duit James Gray à se com­pro­met­tre dans pareille entre­prise taxi­der­mique.

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