The Call

The Call

de Brad Anderson

  • The Call
  • États-Unis2013
  • Réalisation : Brad Anderson
  • Scénario : Richard D'Ovidio, Nicole D'Ovidio, Jon Bokenkamp
  • Image : Tom Yatsko
  • Montage : Avi Youabian
  • Musique : John Debney
  • Producteur(s) : Robert Stein, Jeff Graup, Michael Helfant, Bradley Gallo
  • Interprétation : Halle Berry (Jordan Turner), Abigail Breslin (Casey Welson), Morris Chesnut (officier Phillips)
  • Distributeur : UGC Distribution
  • Date de sortie : 29 mai 2013
  • Durée : 1h34

The Call

de Brad Anderson

Thinking inside the box


Thinking inside the box

Retour au grand écran pour le réal­isa­teur de The Machin­ist, après une péri­ode inten­sé­ment pro­duc­tive à la télévi­sion. Logique­ment, The Call porte les stig­mates d’une nar­ra­tion télé appliquée au ciné­ma : effi­cac­ité red­outable sur une heure de nar­ra­tion, per­ti­nence d’une mise en scène autour d’un décor ramassé… et effon­drement total au bout d’une heure de film.

Jor­dan Turn­er tra­vaille au stan­dard de la police, la meilleure de son job – jusqu’au jour où, alors qu’elle aide par télé­phone une jeune fille men­acée par un rôdeur, elle assiste en direct au meurtre de celle-ci. Trau­ma­tisée, elle quitte le stan­dard – jusqu’au jour où, un con­cours de cir­con­stances aidant, elle se retrou­ve à aider, par télé­phone, une jeune fille vic­time d’un enlève­ment…

Air con­nu : le per­son­nage d’élite dans son domaine déchoit suite à une sit­u­a­tion à laque­lle il ne peut pour­tant rien, puis se voit offrir le droit de racheter sa con­duite dans une affaire sim­i­laire. Pas orig­i­nal donc, l’ar­gu­ment de The Call est sec­ondaire : l’essen­tiel, c’est la ten­sion remar­quable que le réal­isa­teur Brad Ander­son parvient à insuf­fler à son film. En se can­ton­nant pré­cisé­ment à deux lieux prin­ci­paux – le bureau du stan­dard de la poli­cière, le cof­fre de la voiture dans lequel est enfer­mée la vic­time – le cinéaste prend le risque de l’es­souf­fle­ment, de l’en­nui. Pour­tant, grâce à un scé­nario linéaire mais red­outable­ment bien ficelé, la ten­sion monte non-stop tan­dis que la flic tente à tout prix de sauver la gamine qu’elle a au bout du fil. Le rythme s’ac­célère avec con­stance mais sans pré­cip­i­ta­tion, plongeant le spec­ta­teur dans une ten­sion tou­jours plus forte, d’au­tant plus impres­sion­nante que la dual­ité de lieu (rel­a­tive, admet­tons) ne laisse que peu de latence à la réal­i­sa­tion. Une heure de film passe, et le spec­ta­teur est à bout de nerfs…

Et plouf. Voilà que l’ac­tion se déplace, en même temps que les per­son­nages. D’un coup, d’un seul, la ten­sion retombe, tan­dis que le scé­nario mul­ti­plie les invraisem­blances scé­nar­is­tiques, là où sa rigueur et sa richesse nar­ra­tive forçaient jusque-là l’ad­mi­ra­tion. Jusqu’à son finale, plutôt rigo­lo et plaisant, mais par­faite­ment improb­a­ble, le film ne sem­ble absol­u­ment pas maîtris­er sa dernière par­tie. Une fois ter­minée, la pre­mière par­tie laisse donc l’au­di­toire sur sa faim, lui dis­tribuant ça et là des miettes de sat­is­fac­tion nar­ra­tive très bis mais aucune­ment digne de la lancée pre­mière.

Étrange cas de film en deux par­ties dis­tinctes, à la fois nar­ra­tive­ment et qual­i­ta­tive­ment, The Call se regarde donc avec pas­sion un pre­mier temps, puis néces­site une indul­gence de tous les instants par la suite. Glob­ale­ment, l’ex­péri­ence n’est pas désagréable – mais on se prend tout de même à regret­ter la vir­tu­osité entre­vue.

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