© Alfama Films
Dubaï Flamingo

Dubaï Flamingo

de Delphine Kreuter

  • Dubaï Flamingo
  • France, Portugal2011
  • Réalisation : Delphine Kreuter
  • Scénario : Delphine Kreuter
  • Image : David Morille (lumière), Benoît Fauvet (caméra)
  • Son : Ricardo Leal, António Lopes, Miguel Martins
  • Montage : Delphine Kreuter, Carlos Madaleno, Jackie Bastide
  • Musique : Frederick Galiay
  • Producteur(s) : Paulo Branco
  • Interprétation : Sergi Lopez (Vincent), Vanessa Paradis (Jackie), Florence Thomassin (Livia), Claire Nebout (la chanteuse), Pratheen Ramalingam (Victor Hugo), Isabelle Huppert (la chèvre)
  • Distributeur : Alfama Films
  • Date de sortie : 18 janvier 2012
  • Durée : 1h24

Dubaï Flamingo

de Delphine Kreuter

Mirage


Mirage

Ser­gi Lopez et Vanes­sa Par­adis à la dérive, un loup mort con­servé dans une glacière, entre grat­te-ciel et désert, high-tech et tiers monde. Le sec­ond film de Del­phine Kreuter fait le pari risqué de l’absurde en tra­ver­sant le miroir.

Quoi !? Une réal­isatrice amoureuse de Dubaï quand les sym­bol­es cap­i­tal­istes les plus éprou­vés trem­blent aux qua­tre coins du monde ? Ras­surons-nous, la fas­ci­na­tion ne va pas au culte de l’argent, seule­ment à ce qu’il pro­duit de matérielle­ment incroy­able. Car Dubaï, avec ses immenses tours sor­ties du désert, ses trou­peaux de chèvres à leurs pieds, ses bolides sur d’impeccables autoroutes et les vents de sable qui les ren­dent éphémères, peut bien paraître un pro­duit de l’art brut.

De fait, le sec­ond film de la pho­tographe et vidéaste Del­phine Kreuter s’attache aux à‑côtés du monde le plus dynamique. Pas de poli­tique, pas de reli­gion, ain­si qu’il est dit dans le film (évic­tion cepen­dant un peu légère), mais des mar­gin­aux étranges ou bor­der­line. Et non pas leur quo­ti­di­en, sa dureté, mais le songe, plus ou moins agréable, que sem­ble devenir la réal­ité si l’on se place de leur point de vue.

Vin­cent (Ser­gi Lopez), homme d’affaire débor­dé, ne trou­ve plus sa femme, il part à sa recherche, s’emmêle les pinceaux entre sou­venirs, oub­lis, réal­ité et imag­i­naire. Il ren­con­tre notam­ment une jeune femme (Vanes­sa Par­adis), venue enter­rer à Dubaï son loup des steppes. Dubaï Flamin­go est majori­taire­ment à l’image de la ville mirage : exubérant, kitsch et absurde. Si Kreuter se mon­tre plutôt mesurée dans ses cadres, qu’elle évite le piège du choc cul­turel à chaque plan, le film peine à dépass­er le fourre-tout, jusqu’aux acteurs qui per­dent le fil et devi­en­nent par­fois mécaniques.

Bel essai pour­tant, que de coller à un pro­tag­o­niste en perdi­tion, comme le fai­sait sur un bien autre mode le Memen­to de Christo­pher Nolan, et courageuse ten­ta­tive de ne pas trop vite fournir les expli­ca­tions qui remet­tront l’histoire à l’endroit. Mais la caméra colle tant à Ser­gi Lopez, le suit d’anecdotes en ren­con­tres sans laiss­er de réelle place aux autres per­son­nages, que le film s’épuise en scénettes iné­gales. Reste la touchante Flo­rence Thomassin, et à la fin une sta­bil­ité aéri­enne qui pointe, alors même que l’ambiguïté entre réel et imag­i­naire n’est plus.

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !

57000 km entre nous
57000 km entre nous