Quand Chuck rencontre Larry

Quand Chuck rencontre Larry

de Dennis Dugan

  • Quand Chuck rencontre Larry
  • (I Now Pronounce You Chuck and Larry)
  • États-Unis2007
  • Réalisation : Dennis Dugan
  • Scénario : Barry Fanaro, Alexander Payne, Jim Taylor
  • Image : Dean Semler
  • Montage : Jeff Gourson
  • Musique : Rupert Gregson-Williams
  • Producteur(s) : Adam Sandler, Jack Giarraputo, Tom Shadyac, Michael Bostick
  • Interprétation : Adam Sandler (Chuck Levine), Kevin James (Larry Valentine), Jessica Biel (Alex McDonough), Dan Aykroyd (le capitaine Tucker), Ving Rhames (Duncan), Steve Buscemi (Clint Fitzer), Richard Chamberlain (Banks)
  • Date de sortie : 29 août 2007
  • Durée : 1h50

Quand Chuck rencontre Larry

de Dennis Dugan

In mais surtout out


In mais surtout out

Chuck et Lar­ry sont pom­piers et amis de très longue date. Chuck (inter­prété par un Adam San­dler cabotin au pos­si­ble) est un céli­bataire endur­ci qui occupe son temps libre (et surtout ses nuits) à vivre de folles pas­sions sex­uelles avec une horde de bom­bass­es com­plète­ment crétines. Lar­ry, son meilleur ami, est tout son con­traire : veuf et père de deux enfants, il ne vit que dans le sou­venir de son épouse défunte. Les deux gail­lards sont des hommes, des vrais, et s’in­quiè­tent de voir que le fils aîné de Lar­ry pour­raient bien être une “tante” parce qu’il fait des cla­que­ttes, le grand écart et des cook­ies.

Pour pou­voir touch­er la pen­sion de son épouse, Lar­ry doit se remari­er et, n’ayant foi que dans cette ami­tié vir­ile qui le lie à Chuck, lui demande de se PACSer après lui avoir sauvé la vie lors d’un incendie. D’abord réti­cent, Chuck finit par accepter mais tous les deux peinent à con­va­in­cre l’ad­min­is­tra­tion new-yorkaise de l’au­then­tic­ité de leur union. Pour anéan­tir les soupçons, les deux hommes déci­dent donc d’emménager ensem­ble, de se mari­er au Cana­da et de dormir dans le même lit. Bien évidem­ment, ils savent faire preuve d’une finesse inouïe pour lever tous les doutes sur leur homo­sex­u­al­ité. Chuck répète à qui veut bien l’en­ten­dre qu’il s’en­ferme dans sa cham­bre pour écouter du Boy George tan­dis que Lar­ry pense qu’il faut acheter des servi­ettes hygiéniques pour don­ner à leurs poubelles un aspect plus “gay”. Bref, on nage en pleine beauferie même pas drôle où pointe pro­gres­sive­ment un dis­cours totale­ment lénifi­ant sur l’ac­cep­ta­tion des homo­sex­uels (avec la con­de­scen­dance req­uise pour rester à juste dis­tance).

Le plus hal­lu­ci­nant dans ce film édi­fi­ant du début jusqu’à la fin, c’est finale­ment ce besoin de revenir en per­ma­nence à une hétéro­sex­u­al­ité ras­sur­ante et nor­ma­tive. La seule scène de désir aura lieu entre Chuck et l’av­o­cate sexy (Jes­si­ca Biel) engagée dans la défense des droits des gays. En dépit d’une morale bien pen­sante sur l’ac­cep­ta­tion des dif­férences qu’on aurait peut-être pu trou­ver courageuse vingt ans plus tôt (notons tout de même que dans la sec­tion “pro­duits hol­ly­woo­d­i­ens grand pub­lic”, Philadel­phia a quand même remis les pen­d­ules à l’heure dès 1993), les corps mas­culins de Chuck et Lar­ry ne se risquent jamais à la moin­dre ambiguïté : même un sim­ple bais­er sur les lèvres devient ici une affaire d’É­tat comme la preuve d’une com­pro­mis­sion peut-être sans retour. Mais bien heureuse­ment, l’ar­naque dévoilée leur per­me­t­tra de rede­venir aux yeux de la société ce qu’ils sont après tout : des êtres géné­tique­ment pro­gram­més pour être hétéro­sex­uels. On aurait encore préféré que ce film n’ex­iste tout sim­ple­ment pas.

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