Le Come-Back

Le Come-Back

de Marc Lawrence

  • Le Come-Back
  • (Music and Lyrics)
  • États-Unis2007
  • Réalisation : Marc Lawrence
  • Scénario : Marc Lawrence
  • Image : Xavier Pérez Grobet
  • Décors : Jane Musky
  • Costumes : Susan Lyall
  • Montage : Susan E. Morse
  • Musique : Adam Schlesinger
  • Producteur(s) : Liz Glotzer, Martin Shafer
  • Production : Castle Rock Entertainment, Flower Films, Village Roadshow Pictures
  • Interprétation : Hugh Grant (Alex), Drew Barrymore (Sophie), Jason Antoon (Greg), Brad Garrett (Chris Riley), Haley Bennett (Cora Corman), Billy Griffith (Derek), Emma Lesser (Lucy), Scott Porter (Colin)
  • Distributeur : Warner Bros. France
  • Date de sortie : 14 mars 2007
  • Durée : 1h43

Le Come-Back

de Marc Lawrence

Un couple pas vraiment parfait


Un couple pas vraiment parfait

Un look à la Mod­ern Talk­ing, une musique atro­ce­ment datée et vide de tal­ent, et Hugh Grant faisant des mim­iques de chanteur à minettes déjà ringard à vingt ans… le générique est d’un goût dou­teux mais d’un comique assez irré­sistible. Mais Marc Lawrence a la mau­vaise idée de vouloir trop ren­tr­er dans le moule de la comédie roman­tique basique. Comme sou­vent, de The Hol­i­day au Dia­ble s’ha­bille en Pra­da, les réal­isa­teurs améri­cains ont de bonnes inten­tions ironiques mais de mau­vais­es chutes rose bon­bon. À croire que les films drôles, sym­pa­thiques et exigeants ne font pas ven­dre.

“Pop goes my heart”, voici le titre qu’Alex Flitch­er a com­posé dans les années 1980. Il a fait un car­ton à l’époque ‑provo­quant quelques évanouisse­ments des post-pub­ères en mal de roman­tisme de bas étage. Il est main­tenant en tournée inter­na­tionale dans les Buf­fa­lo Grill de toutes les régions les plus con­voitées par les com­merces de pommes de terre, et réduit à accueil­lir dans ses draps d’an­ci­ennes fans un peu rassies ou des ado­les­centes écervelées à peine sor­ties du lycée. Il lui manque donc deux choses : une nou­velle gloire pro­fes­sion­nelle, et un grand amour, une belle jeune fille pas soumise mais un peu quand même.

Pour le pre­mier prob­lème, on lui pro­pose de par­ticiper à une ver­sion améri­caine de La Ferme des célébrités, où des has been doivent box­er entre eux pour gag­n­er le droit de refaire pen­dant une semaine la cou­ver­ture des jour­naux pipôles. Non, Hugh Grant est trop classe pour cela. Donc on lui dégote un défi : on lui pro­pose d’écrire en trois jours le dernier tube d’une star­lette, Cora Cor­man, “Christi­na et Brit­ney réu­nies”. Il va devoir se dépêch­er, notre “Eng­lish­man in New York” : c’est là qu’in­ter­vient la solu­tion au deux­ième prob­lème (le grand amour), et, en fait, aus­si, le pre­mier : une jeune fille un peu folle (l’ex­cen­tric­ité dis­paraît rapi­de­ment) vient arroser ses plantes et com­pose sans le savoir de “superbes” vers sur lesquels Alex va pou­voir pla­quer une musique gnang­nan. Et voilà l’équipe de for­mée… vous con­nais­sez la suite.

Marc Lawrence s’a­muse dans les pre­miers temps en don­nant à son film une esthé­tique oscil­lant entre Sun­set Beach et Arnold et Willy qui fait mouche. Il ajoute à sa romance décalée quelques clips ridicules dont la recon­sti­tu­tion, ne boudons pas notre plaisir, est assez savoureuse. Hugh Grant se tré­mous­sant dans un per­fec­to sur de la soupe, pourquoi pas ? Le hic est que le même réal­isa­teur tombe rapi­de­ment dans les idées dégouli­nantes (dis­cus­sions sur la vie au clair de lune, bais­ers en zoom…) et se prend au jeu du pathos. Alors que l’on remar­que le décalage amu­sant du début, on s’aperçoit rapi­de­ment que Le Come-Back est une sim­ple comédie mol­las­sonne de plus, filmée linéaire­ment et sans beau­coup de saveur. On pense beau­coup à Amer­i­can Dreamz qui entraî­nait égale­ment une décep­tion pro­gres­sive, et au tal­ent comique voire grotesque de Hugh Grant, réelle­ment mal exploité dans de fauss­es satires. Mais quand Hugh retrou­vera-t-il donc le niveau de Qua­tre mariages et un enter­re­ment ?

Soutenez Critikat

Critikat est une revue de cinéma associative dont les rédacteurs et rédactrices sont bénévoles.
Si elle est (et restera) entièrement gratuite, sa production a un coût : votre soutien est précieux pour garantir sa pérennité et son développement (site Internet, vidéos, podcasts...).
N'hésitez pas à nous soutenir mensuellement si vous le pouvez !