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Stay Alive

Stay Alive

de William Brent Bell

  • Stay Alive
  • États-Unis2006
  • Réalisation : William Brent Bell
  • Scénario : William Brent Bell, Matthew Peterman
  • Image : Alejandro Martínez
  • Montage : Harvey Rosenstock
  • Musique : John Frizzell
  • Producteur(s) : McG, Peter Schlessel, James Stern, Matthew Peterman
  • Interprétation : Jon Foster (Hutch MacNeil), Samaire Armstrong (Abigail), Frankie Muniz (Swink Sylvania), Jimmi Simpson (Phineus Bantum), Sophia Bush (October Bantum), Marie Kalinina (la comtesse)...
  • Distributeur : TFM Distribution
  • Date de sortie : 12 juillet 2006
  • Durée : 1h28

Stay Alive

de William Brent Bell

Game over, please


Game over, please

Avoir gran­di dans les années 1980, au milieu des rayons de vidéos aux pitchs et aux scé­narii tous plus idiots et racoleurs les uns que les autres, donne une cer­taine propen­sion à l’ironie ciné­matographique, et un respect pour ces tâcherons d’un ciné­ma sincère­ment pop­u­laire. Stay Alive tient de ces illus­tres ancêtres dans le côté ringard assumé mais, con­traire­ment à eux, fait mine de se pren­dre au sérieux. Résul­tat: con­ster­nant.

Voici donc le pitch de la chose, « à la manière de »: Hutch, Octo­ber, Swink et Phineus ne vivent que pour le jeu vidéo. À la mort de trois de leurs amis dans de mys­térieuses cir­con­stances, ils déci­dent, accom­pa­g­nés de la jeune pho­tographe Abi­gail, de repren­dre le jeu inédit auquel s’adon­naient les trois amis. Alors qu’ils sont aspirés dans le jeu, ils com­pren­nent vrai­ment ce que sig­ni­fie son titre: « Stay alive ».

Évidem­ment, ça n’a pas l’im­prob­a­ble tal­ent grandil­o­quent des Inva­sions des morts-vivants sur­feurs de Cal­i­fornie d’an­tan, mais l’essen­tiel est là: nous sommes dans le Z le plus total, sortez le pop-corn beur­ré et les chips. Hélas. Le réal­isa­teur et les pro­duc­teurs pren­nent leur film par­faite­ment au sérieux. Rangez les chips, voici venir les car­i­cat­u­raux pro­tag­o­nistes, tous con­va­in­cus de camper des per­son­nages dignes des Oscars. Le réal­isa­teur les définit comme «un groupe de jeunes intel­li­gents, drôles et sen­si­bles». Une bim­bo, un geek, un jeune pre­mier, une goth, un autre geek (punk, celui-là), un gold­en-boy: voilà pour le club des six, et ce n’est pas le dernier des pon­cifs du scary à la noix repris dans le film.

Con­va­in­cus d’avoir ouvert la voix au film-de-jeu-vidéo, les pro­duc­teurs dis­ent chercher l’au­then­tique, le vraisem­blable. Les voilà donc qui col­lent la tombe de la comtesse Elis­a­beth Batho­ry – qui pos­sède le jeu vidéo afin d’as­sur­er sa résur­rec­tion (ne deman­dez pas pourquoi) – en plein milieu d’un cimetière reclus de la Nou­velle-Orléans, pour faire plus Anne Rice. Et de légitimer leur série Z en par­lant du jeu vidéo comme d’un élé­ment soci­ologique majeur, ce qu’il est cer­taine­ment. Mais n’est pas Aval­on qui veut, et Stay Alive assoit son spec­ta­teur entre le fou rire et l’en­nui poli. Mod­este­ment, le dossier de presse cite l’au­teur J.-C. Herz dans son ouvrage Joy­stick Nation: «Si Orson Welles tour­nait aujour­d’hui Cit­i­zen Kane, il ne ferait pas soupir­er “Rose­bud” à Kane mourant mais… “Mario”!»

Nous voilà prévenus: fig­ure de proue auto­proclamée de la recon­nais­sance ciné­matographique des jeux vidéo, Stay Alive ne se veut rien moins que le nou­veau Cit­i­zen Kane. Et en plus, il est en couleur, ce qui est tout de même mieux. Le choix sera donc celui-ci: pren­dre en marche le train de la révo­lu­tion Stay Alive, ou rester chez soi ou dans son ciné de quarti­er, à voir un Welles ou un Oshii. Per­son­nelle­ment, j’as­sume mon passéisme.

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