Quatre étoiles

Quatre étoiles

de Christian Vincent

  • Quatre étoiles
  • France2006
  • Réalisation : Christian Vincent
  • Scénario : Christian Vincent, Olivier Dazat
  • Image : Hélène Louvart
  • Montage : Yves Deschamps
  • Musique : André Manoukian
  • Producteur(s) : Olivier Delbosc, Marc Missonnier
  • Production : Fidélité Productions
  • Interprétation : José Garcia (Stéphane), Isabelle Carré (Franssou), François Cluzet (René), Michel Vuillermoz (Marc), Luis Rego (Robert)...
  • Date de sortie : 3 mai 2006
  • Durée : 1h46

Quatre étoiles

de Christian Vincent

Intolérable nullité


Intolérable nullité

Elle est jolie, se fait appel­er par un surnom tarte (Franssou) et, d’ailleurs, elle est un peu gourde. Mais comme elle est jouée par Isabelle Car­ré, on a presque envie de lui par­don­ner. Lassée de sa vie pépère et de son petit ami neuneu, elle prof­ite d’un héritage pour aller se pay­er des vacances dans un hôtel de luxe à Cannes. Là, elle tombe amoureuse d’un escroc beauf (José Gar­cia) qui passe son temps à la traiter de conne. Bien décidée à ne pas lui lâch­er les bas­kets et à vivre à fond son amour masochiste, elle s’embarque dans une arnaque visant à plumer un pigeon (François Cluzet) aus­si idiot qu’il est sub­jugué par les charmes de la demoi­selle.

Réal­isé par Chris­t­ian Vin­cent, qui à une autre époque a mis en scène de jolis films comme La Dis­crète et Beau fixe, et pro­duit par Stu­dio­Canal et TF1 pour occu­per vos dimanch­es soirs, Qua­tre étoiles est aus­si embal­lant qu’une cham­bre dans un For­mule 1 en bor­dure d’au­toroute. Le scé­nario, un pré­ten­du hom­mage à Lubitsch du niveau des télé­films que la chaîne pro­duit à la pelle, est suff­isam­ment stu­pide pour per­me­t­tre à toute la famille de vaquer à ses occu­pa­tions tout en jetant un coup d’œil au petit écran de temps à autre. Pourquoi, alors, des­tin­er ce vague ersatz d’Intolérable cru­auté aux salles obscures? Parce qu’Is­abelle Car­ré et José Gar­cia ne font pas de télé et, puisqu’ils ont bien voulu pay­er leurs impôts en se four­voy­ant dans une telle merde, autant miser sur le pres­tige des deux stars pour leur­rer quelques mal­heureux à l’UGC du coin. Si la con­ner­ie restait inof­fen­sive, tout cela ne serait pas bien grave… Mais la morale de cette grotesque pan­talon­nade, jouée à la va comme je te pousse et éclairée comme un paquet de lessive chez Monop’, est qu’une femme peut arriv­er à ses fins grâce à son cul et à son fric et vivre heureuse et épanouie avec un homme qui la traite comme une chi­enne. Sauf que Qua­tre étoiles n’a pas l’hu­mour ni l’in­tel­li­gence de La Secré­taire, l’ir­ré­sistible romance sado-maso de Steven Shain­berg avec Mag­gie Gyl­len­haal et James Spad­er. De toute façon, le film sor­tant presque deux mois jour pour jour après la Journée Inter­na­tionale de la Femme, per­son­ne ne se ren­dra compte de rien. À part ça, tout va bien.

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